Traitement cancer kératinocytaire

Le cancer kératinocytaire regroupe principalement le carcinome basocellulaire (CBC) et le carcinome épidermoïde cutané (CEc). Ces formes de cancer de la peau figurent parmi les plus fréquemment diagnostiquées dans le monde. Comme de nombreux cas sont détectés à un stade précoce, une grande proportion d'entre eux peut être traitée avec succès.
Le cancer kératinocytaire se soigne-t-il?
Un diagnostic précoce est souvent la clé pour obtenir une ablation complète de la lésion avant qu'elle ne s'étende en profondeur ou ne se propage. Lorsqu'ils sont pris en charge rapidement, les traitements standards affichent des taux de guérison très élevés, et les résultats tendent à être bien meilleurs que ceux associés au mélanome. Néanmoins, les chances de guérison dépendent de plusieurs facteurs : le type de tumeur, sa taille et sa profondeur, sa localisation sur le corps, s'il s'agit d'une première apparition ou d'une récidive, l'état de santé et le statut immunitaire de la patiente ou du patient, ainsi que l'élimination complète de toutes les cellules cancéreuses lors du traitement.
Certaines situations peuvent toutefois rendre la guérison difficile. C’est le cas, par exemple, des tumeurs volumineuses ou agressives, des lésions situées dans des zones sensibles comme le visage ou les oreilles, des formes touchant des personnes dont le système immunitaire est affaibli, ou encore des cancers ayant déjà commencé à se propager. Dans ces circonstances, une combinaison d’approches ou des traitements plus avancés peuvent s'avérer nécessaires.
Globalement, la grande majorité des cancers de la peau non mélanomes peuvent être guéris, en particulier lorsqu'ils sont identifiés tôt et pris en charge par une stratégie thérapeutique adéquate et rigoureusement planifiée.
Exérèse chirurgicale
L'excision chirurgicale est le traitement le plus couramment utilisé pour de nombreux cas de cancers kératinocytaires. L'objectif est de retirer la tumeur ainsi qu'une marge de peau saine, ce qui permet de s'assurer qu'aucune cellule cancéreuse ne subsiste. Le tissu retiré est ensuite examiné pour confirmer que les marges sont saines. Pour de nombreuses tumeurs adaptées à cette approche, la chirurgie offre un excellent contrôle à long terme.
Pour les cas complexes ou à haut risque, il existe une méthode chirurgicale plus spécialisée, appelée chirurgie micrographique ou chirurgie de Mohs. Cette technique consiste à examiner chaque couche de tissu pendant l'intervention, ce qui permet au chirurgien ou à la chirurgienne de ne retirer que le strict nécessaire. Elle est particulièrement utile pour les zones où il est primordial de préserver autant de tissus sains que possible, comme le visage, les oreilles ou les mains.
Cryothérapie
Cette technique consiste à geler la tumeur, généralement à l'aide d'azote liquide. Il s'agit d'une option moins invasive qui peut être envisagée pour de petites lésions superficielles ou lorsque la chirurgie n'est pas idéale, par exemple chez les personnes âgées ou celles présentant d'autres problèmes de santé.
Certaines études font état de très bons résultats pour certains types de CBC traités par cryothérapie. Toutefois, les données montrent également que la cryothérapie peut s'avérer moins efficace que la chirurgie ou la radiothérapie pour réduire le risque de récidive de certaines tumeurs. Il est donc primordial de s'assurer que cette technique est bien la plus adaptée au cas par cas.
Traitements topiques
Ce type de traitement du cancer kératinocytaire est utile pour les lésions superficielles et à un stade précoce. Ces thérapies consistent à appliquer directement sur la peau des crèmes ou des gels contenant des médicaments anticancéreux ou immunostimulants.
Des recherches récentes ont exploré l'utilisation de technologies innovantes de dispositifs transdermiques (patchs) qui délivrent le traitement de manière plus précise, bien que ces approches soient encore émergentes. La thérapie topique a tendance à présenter un bon rapport coût-efficacité pour les petites lésions à faible risque, mais elle ne convient pas aux tumeurs plus profondes, à haut risque ou à un stade plus avancé. Elle est également moins indiquée lorsqu'un contrôle précis des marges est nécessaire.
Électrochirurgie
Également connue sous le nom de curetage-électrocoagulation, cette technique consiste à racler la tumeur puis à utiliser un courant électrique pour traiter le tissu restant. Elle est souvent privilégiée pour les petites lésions à faible risque situées dans des zones facilement accessibles. Cette méthode est simple et moins coûteuse qu'une excision classique, bien que les taux de récidive puissent être plus élevés si elle est appliquée à des tumeurs qui ne s'y prêtent pas. L'électrochirurgie est généralement réservée à une sélection de tumeurs à faible risque, car elle ne permet qu'un contrôle limité des marges de sécurité.
Radiothérapie
La radiothérapie délivre des rayonnements ciblés pour détruire les cellules cancéreuses. Elle est particulièrement précieuse pour les patients et les patientes qui ne peuvent pas subir de chirurgie en raison de leur âge, d'autres problèmes de santé ou de la localisation de la tumeur. Elle peut également être utilisée pour des lésions où la chirurgie entraînerait un impact esthétique ou fonctionnel important.
Les techniques de radiothérapie moderne offrent d'excellents résultats dans de nombreux cas. Elles peuvent être utilisées comme traitement principal du cancer kératinocytaire lorsque la chirurgie est impossible, comme traitement complémentaire après une opération si les marges sont trop étroites, ou encore comme soin palliatif dans des formes plus avancées de la maladie. Elle joue un rôle majeur au sein d'une approche pluridisciplinaire de la prise en charge du cancer kératinocytaire.
Chimiothérapie systémique
Le traitement systémique agit sur l'ensemble de l'organisme et est généralement réservé aux cancers kératinocytaires avancés ou métastatiques. Cela peut inclure les cancers de taille trop importante pour un traitement local, ceux qui se sont propagés, ou les cas où l'immunothérapie ou les thérapies ciblées pourraient être bénéfiques.
La chimiothérapie traditionnelle est moins couramment utilisée que par le passé, car les nouveaux traitements systémiques continuent d'évoluer. Les progrès de l'immunothérapie et des thérapies ciblées ont considérablement amélioré les options de prise en charge pour les formes complexes ou agressives de cancer kératinocytaire, offrant un espoir supplémentaire aux patients et aux patientes présentant une forme de la maladie à haut risque.
Que se passe-t-il si un cancer kératinocytaire n'est pas traité?
Si un cancer kératinocytaire n'est pas traité, la tumeur peut continuer à croître et causer des problèmes de plus en plus graves. Avec le temps, le cancer peut envahir les couches profondes de la peau, les muscles, le cartilage ou même les os. Dans des cas plus rares, il peut se propager aux ganglions lymphatiques ou à des organes distants.
Les conséquences possibles d'une absence de traitement incluent:
- Des tumeurs plus étendues nécessitant des traitements plus complexes ou une chirurgie reconstructrice.
- Un plus grand risque de récidive et une probabilité réduite d'obtenir une guérison simple.
- Un impact esthétique et fonctionnel plus lourd, en particulier sur les zones visibles ou délicates comme le nez, les oreilles, les paupières ou les mains.
- Un risque élevé de complications et le recours à des interventions plus invasives.
- Un risque de métastase faible mais réel, ainsi qu'une mortalité associée dans certains cas de CEc à haut risque, particulièrement chez les personnes immunodéprimées.
Un diagnostic et un traitement précoces du cancer kératinocytaire permettent d'éviter ces complications. Tout retard peut transformer une lésion relativement facile à prendre en charge en une pathologie plus complexe, potentiellement préjudiciable pour la santé.
Références
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1er septembre 2026