Types d'hidradénite suppurée

La maladie de Verneuil se manifeste de façon unique chez chaque patient(e). Identifier son phénotype permet aux cliniciens de mieux prévoir l'évolution de la pathologie et de choisir la stratégie thérapeutique la plus adaptée. Cette précision est indispensable, car la maladie de Verneuil a un impact majeur sur la qualité de vie, altérant aussi bien la mobilité et le sommeil que le bien-être psychologique. 

Quels sont les différents types de maladie de Verneuil?

La maladie de Verneuil ne suit pas un schéma unique et uniforme. Elle se présente plutôt comme un spectre de formes cliniques dont la gravité, la localisation des lésions et les pathologies associées varient. Bien qu’il n’existe pas de système de classification universel, le corps médical spécialisé décrit la maladie selon plusieurs approches complémentaires : les profils phénotypiques, la localisation anatomique et des sous-groupes de recherche liés aux comorbidités ainsi qu'aux profils inflammatoires. 

Classifications phénotypiques de la maladie de Verneuil

L'une des méthodes les plus reconnues pour décrire la maladie de Verneuil distingue deux grands phénotypes : le profil folliculaire et le profil inflammatoire. Ces termes servent à décrire l’évolution de la pathologie plutôt qu'à établir des diagnostics figés.

  • Le sous-type folliculaire : cette forme apparaît souvent tôt dans la vie et se manifeste principalement par des nodules. Les personnes concernées peuvent également présenter de l'acné ou d'autres troubles du système pileux. Les abcès ont tendance à être moins fréquents et la maladie peut progresser plus lentement.
  • Le sous-type inflammatoire : cette forme suit généralement une progression plus agressive. Les patientes et patients souffrent d'abcès douloureux et récurrents qui peuvent se rejoindre pour former des tunnels sous la peau. L'inflammation persistante entraîne souvent des cicatrices, des écoulements chroniques ainsi qu'un niveau de détresse physique et psychologique plus élevé.

Le corps médical s'appuie sur ces phénotypes pour mieux comprendre le comportement de la maladie et orienter les décisions concernant le suivi et le traitement de la maladie de Verneuil

Sous-types anatomiques et cliniques de la maladie de Verneuil

Une autre approche consiste à classer la maladie de Verneuil selon la localisation des lésions et leur répartition sur le corps. Un cadre de référence couramment cité décrit quatre profils cliniques principaux :

  • Le sous-type axillo-mammaire-inguinal : les lésions touchent principalement les aisselles, le dessous des seins et l'aine. Ce profil est plus fréquent chez les femmes, et les facteurs hormonaux peuvent influencer la gravité des symptômes et l'apparition des poussées.
  • Le sous-type folliculaire : dans cette classification anatomique, la maladie se manifeste aux côtés d'autres affections folliculaires et a tendance à impliquer des nodules étendus.
  • Le sous-type fessier glutéal : cette forme affecte prioritairement les fesses et la région périanale. Cette localisation peut compliquer la prise en charge à cause des frottements, de l’humidité et de la difficulté d'accès pour les soins.
  • Le sous-type syndromique : pour un groupe plus restreint de patientes et patients, la maladie de Verneuil s'inscrit dans un syndrome auto-inflammatoire plus large, tel que le PASH ou le PAPASH. Ces personnes peuvent également développer des pathologies comme le pyoderma gangrenosum ou l'arthrite inflammatoire, et bénéficient souvent d'une prise en charge coordonnée et pluridisciplinaire.

Ces informations aident le corps médical à identifier les formes moins courantes de la maladie et à adapter les soins aux spécificités de chaque zone du corps. 

Sous-groupes issus de la recherche

Des études récentes ont analysé de grands groupes de patientes et patients pour isoler des profils types de la maladie de Verneuil. Ces travaux distinguent jusqu'à six sous-groupes, définis par des points communs comme les maladies associées, les marqueurs inflammatoires ou le vécu des personnes malades. On trouve par exemple des formes liées au diabète, à la maladie de Crohn, à l'asthme, à des troubles psychiatriques, à l'hérédité ou encore des profils majoritairement féminins.

Chaque groupe a ses propres caractéristiques : l'intensité de l'inflammation varie, tout comme l'impact sur la qualité de vie ou la réaction aux traitements. Ces découvertes confirment que la maladie de Verneuil n'est pas une pathologie uniforme, mais un ensemble d'affections liées dont les mécanismes se recoupent. À mesure que la recherche sur les facteurs génétiques et moléculaires progresse, ces classifications permettront de proposer des approches thérapeutiques plus personnalisées et mieux ciblées. 

Comment évalue-t-on les stades de la maladie de Verneuil?

En plus d'identifier les profils cliniques, le corps médical mesure la gravité de la maladie de Verneuil à l'aide de systèmes de classification par stades. Ces outils permettent d'orienter les choix de traitement, de suivre l'évolution de la pathologie et de faciliter les échanges entre le corps médical et les patient(e)s. Le système le plus couramment utilisé en pratique de routine est la classification de Hurley, appréciée pour sa clarté et sa facilité d'utilisation. 


La classification de Hurley

La classification de Hurley divise la maladie de Verneuil en trois stades, définis selon l'étendue des lésions, la présence de tunnels sous la peau et le degré de cicatrisation. 

Stade I

Les patient(e)s présentent un ou plusieurs abcès, sans tunnels ni cicatrices importantes. Les lésions restent généralement isolées, et le traitement repose souvent sur des soins locaux et des mesures d'hygiène de vie.

Stade II

Des abcès récurrents apparaissent en parallèle de la formation de tunnels et de cicatrices. Les lésions peuvent toucher plusieurs zones distinctes. À ce stade, la maladie nécessite habituellement un traitement systémique pour contrôler l'inflammation et réduire la fréquence des poussées.

Stade III

La maladie se généralise avec des tunnels interconnectés, de multiples abcès et des cicatrices étendues sur les zones touchées. Ce stade avancé nécessite souvent une intervention chirurgicale associée au traitement médical.

 

La classification de Hurley permet au corps médical de qualifier la maladie de Verneuil de légère, modérée ou sévère, et d'adapter l'intensité du traitement à la charge de la pathologie. Elle offre également un point de référence commun pour la recherche clinique et les échanges avec les personnes malades. 

Autres systèmes d'évaluation

Les chercheurs et chercheuses ont mis au point des systèmes d'évaluation plus détaillés pour saisir l'évolution de la gravité de la maladie de Verneuil au fil du temps. Le score de Sartorius en est un exemple : il prend en compte le nombre de lésions, les zones du corps touchées et la distance entre les lésions. Ces outils offrent une vision plus précise de l'activité de la maladie et s'avèrent utiles lors des essais cliniques ou pour suivre de près la réponse aux traitements.

De nouvelles approches explorent également les données moléculaires et transcriptomiques afin de classer la maladie de Verneuil selon les différences biologiques sous-jacentes. À terme, ces méthodes pourraient affiner la manière dont le corps médical définit les sous-types de la pathologie et favoriser des stratégies de prise en charge réellement personnalisées. 

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1er septembre 2026